910 : c'est le nombre d'adresses de sites miroirs parmi les 1 337 URL bloquées par l'Autorité nationale des jeux (ANJ) en 2024. Un site miroir de casino en ligne reprend l'apparence d'un site déjà bloqué, sous une autre adresse. Comme le blocage vise des adresses, la copie reste accessible tant qu'elle n'a pas été bloquée à son tour. Pour le joueur, rien ne change : l'offre reste illégale en France.
Derrière une recherche comme « casino bloqué nouvelle adresse », il y a souvent un seul objectif : retrouver un site qui ne s'affiche plus. Ce texte ne donne aucune adresse. Il explique pourquoi les copies apparaissent, ce que l'ANJ fait pour les bloquer et ce qu'une nouvelle adresse change réellement pour le joueur, puis comment vérifier un site avant tout dépôt. Les sites miroirs font partie des principaux pièges des sites de jeux non autorisés.
Qu'est-ce qu'un « site miroir » de casino ?
Selon l'ANJ, un « site miroir » est un site internet « dont l'interface s'apparente à une copie (mêmes infographie, logo et intitulé) d'un site illicite homonyme ayant déjà fait l'objet d'un blocage, qu'il soit judiciaire ou administratif ». Trois conditions se cumulent donc : une interface copiée, un nom identique et un blocage antérieur du site d'origine. Seule l'adresse diffère.
L'étude sur l'offre illégale publiée par l'ANJ en décembre 2023 retient une formule voisine, celle d'« une copie exacte d'un site initial avec une adresse URL différente », et recense 55 sites miroirs.
Ces deux définitions portent sur ce que le joueur voit à l'écran, et sur rien d'autre. Elles ne disent pas qui exploite la copie, ni si cette copie a le moindre lien avec l'exploitant du site d'origine, et rien ne permet au joueur de le savoir en regardant la page. La ressemblance renseigne sur la vitrine. Elle ne renseigne pas sur l'opérateur.
Pourquoi un site bloqué réapparaît-il sous une autre adresse ?
Un site bloqué réapparaît sous une autre adresse parce que les ordres de l'ANJ, adressés aux fournisseurs d'accès à internet et aux moteurs de recherche, visent des adresses précises. Une copie publiée ailleurs n'est pas concernée tant qu'elle n'a pas été repérée puis visée par un nouvel ordre. Le nom, l'interface et l'offre restent les mêmes.
La procédure de blocage décrite par l'ANJ
Sur sa page consacrée à la lutte contre l'offre illégale, l'ANJ décrit une procédure en plusieurs temps :
- un enquêteur de l'ANJ constate l'offre illégale dans un procès-verbal ;
- l'éditeur et l'hébergeur du site sont mis en demeure de faire cesser l'activité illicite et disposent de cinq jours pour présenter leurs observations ;
- en l'absence de réaction, un second procès-verbal est dressé ;
- le président de l'ANJ peut alors ordonner aux fournisseurs d'accès à internet et aux prestataires de services de référencement (moteurs de recherche et annuaires) de bloquer ou de retirer les contenus illégaux.
Ce blocage administratif existe depuis la loi du 2 mars 2022 ; auparavant, il fallait passer par le juge. Selon l'ANJ, le traitement prend désormais environ deux mois, contre six à neuf mois avec l'ancienne procédure.
Ce que l'ANJ vérifie vraiment, c'est l'existence d'un agrément : une offre de jeux d'argent en ligne qui n'a pas été autorisée par l'Autorité est illégale, quelle que soit l'adresse sous laquelle elle apparaît. Le blocage n'est que l'outil qui rend une adresse donnée inaccessible, et chaque nouvelle adresse doit être traitée à son tour. C'est dans cet intervalle que les sites miroirs réapparaissent.
Ce que disent les chiffres
En 2024, l'ANJ a adressé aux fournisseurs d'accès et aux moteurs de recherche 232 ordres de blocage et de déréférencement concernant 1 337 URL. Sur ces 1 337 adresses bloquées, 910 concernaient des sites miroirs, soit plus de deux sur trois. En 2025, 1 290 URL ont été bloquées, selon un communiqué de l'ANJ du 17 juillet 2026. Ce communiqué ne précise pas la part des sites miroirs pour cette année.
La liste noire publiée par l'ANJ permet de mesurer le phénomène sous un autre angle. D'après le fichier publié par l'ANJ (état au 29 septembre 2026), plus de la moitié des 485 noms de sites de la liste noire y figurent sous au moins deux adresses, et 72 sous dix adresses ou plus. Le même nom revient, l'adresse change.
Une nouvelle adresse, le même statut
La position de l'ANJ sur les casinos en ligne ne laisse pas de place à l'interprétation : « En France, tous les sites de casino en ligne sont illégaux : la licence internationale de casino en ligne n'a aucune valeur légale reconnue. » Une copie hérite de ce statut. Reprendre l'interface d'un site bloqué ne lui confère aucun agrément, et une licence étrangère affichée en bas de page ne remplace pas l'autorisation de l'ANJ, seule reconnue en France. Le détail de la différence entre agrément ANJ et licence étrangère fait l'objet d'une page à part.
Les risques que l'ANJ décrit pour l'offre illégale valent pour la copie comme pour l'original. Selon l'Autorité, « les gains sont rarement payés », le vol de données personnelles est fréquent et les logiciels de jeux utilisés ne font l'objet d'aucune homologation. La liste noire énumère les mêmes dangers : « non-paiement des gains, escroquerie, vol de données personnelles, fraudes aux moyens de paiement ».
Le changement d'adresse n'améliore pas non plus la situation en cas de litige. Dans sa foire aux questions, l'ANJ l'écrit ainsi : « En cas de litige, vous n'avez aucun recours. Vous ne pouvez donc pas bénéficier de la protection de la loi française, du recours au médiateur des jeux et de l'assistance de l'ANJ. » Rien ne garantit par ailleurs qu'un compte ouvert sur l'ancienne adresse, ou le solde qui y figurait, soit repris sur la copie. Les démarches possibles font l'objet d'un guide distinct : que faire en cas de gain non payé ou de litige.
La copie reprend justement ce qui inspire confiance : l'infographie, le logo, le nom. Selon l'ANJ, afficher le logo « opérateur agréé » sans figurer sur la liste des opérateurs agréés constituerait « une utilisation frauduleuse de celui-ci, uniquement faite dans le but de tromper le joueur ».
D'après l'ANJ, un consommateur sur deux ignore que cette offre de jeu est illégale en France. Une copie fidèle n'aide pas à lever le doute. Une page qui fait la promotion d'une adresse de remplacement ne dit d'ailleurs rien de la légalité du site, et l'ANJ bloque aussi les sites qui font la publicité de jeux illégaux.
Vérifier l'opérateur, pas l'adresse
Face à une adresse inconnue, la question utile n'est pas de savoir si c'est « la bonne », mais qui exploite le site. Deux vérifications répondent à cette question, et leur ordre compte :
- La liste des opérateurs agréés. L'ANJ publie la liste des opérateurs agréés et recommande, depuis mars 2023, de la consulter : « avant de jouer de l'argent sur un site de jeu, mieux vaut consulter la liste des opérateurs agréés ». Un nom absent de cette liste n'est pas agréé, quelle que soit l'adresse utilisée. Aucun site de casino en ligne n'y figure.
- La liste noire. Elle permet de vérifier si un site figure sur la liste noire de l'ANJ, c'est-à-dire si une adresse a déjà fait l'objet d'un ordre de blocage. L'ANJ précise toutefois que cette liste « n'est pour autant pas exhaustive de l'ensemble des sites illégaux existant » et qu'elle « fera l'objet d'ajouts réguliers de nouvelles URLs ».
L'ordre de ces vérifications découle de la définition même du site miroir. Une copie qui n'a pas encore été bloquée ne figure pas, par nature, sur la liste noire : son absence ne prouve rien. La liste des opérateurs agréés, elle, ne dépend pas de l'adresse. C'est le premier contrôle, et le plus solide. La liste noire vient ensuite, comme confirmation.
Un autre indice ne laisse place à aucune ambiguïté, selon la foire aux questions de l'ANJ : « Lorsque le site propose des paris sur le eSport vous êtes certain d'être sur un site illégal. » En cas de doute sur un site précis, l'ANJ peut être contactée.
Signaler un site miroir, et vers qui se tourner en cas de litige
Un site miroir peut être signalé à l'ANJ au moyen du formulaire de contact joueur, en choisissant l'option « Signaler une offre de jeu illégale (casino en ligne, site non agréé...) ». Le signalement concerne l'offre elle-même.
Pour un litige, le cadre est différent. Selon la foire aux questions de l'ANJ, « l'ANJ et le médiateur des jeux ne sont pas compétents au sujet d'un litige avec un opérateur illégal » ; l'Autorité oriente vers la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), via la plateforme SignalConso. Un signalement ne vaut pas règlement du litige et ne garantit pas la récupération des sommes versées. Ce texte ne constitue pas un conseil juridique.
Loi du 3 août 2026 : ce que disent les débats sur le blocage
La loi n° 2026-725 du 3 août 2026 relative à l'organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel, publiée au Journal officiel du 4 août 2026, concerne aussi ce sujet. Selon le compte rendu de la séance de l'Assemblée nationale du 20 juillet 2026, « le blocage des flux financiers vers les opérateurs illicites sera facilité et les pouvoirs de blocage dont dispose l'Autorité nationale des jeux (ANJ) seront renforcés, notamment à l'égard des réseaux privés virtuels (VPN) ». Les dispositions précises et leurs modalités d'application ne sont pas reprises ici ; ce que la loi du 3 août 2026 change pour les joueurs est traité séparément. Pour le joueur, une chose ne change pas : un site miroir reste une offre illégale.
Une copie de plus, aucune protection de plus
Un site miroir de casino ne résout rien de ce qui a conduit au blocage du site d'origine : il en reproduit l'apparence, et aucune autorisation n'accompagne la copie. Deux vérifications, la liste des opérateurs agréés puis la liste noire, permettent le plus souvent de savoir à quoi s'en tenir sur un site. L'adresse n'est pas le bon critère.
Sur les sites illégaux, rappelle l'ANJ, « il n'y a pas d'encadrement des mises ». L'interdiction volontaire de jeux couvre l'accès aux casinos et clubs de jeux, aux sites de jeux en ligne agréés par l'ANJ et aux jeux de la FDJ et du PMU réalisés avec un compte joueur ; les sites illégaux et leurs copies ne font pas partie de ce champ.
Si le jeu est devenu une source d'inquiétude, pour vous ou pour un proche, Joueurs Info Service répond au 09 74 75 13 13 (appel anonyme et non surtaxé).
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un site miroir de casino en ligne ?
Selon l'ANJ, un site miroir est la copie de l'interface d'un site illicite déjà bloqué : même infographie, même logo, même intitulé, mais une autre adresse. La ressemblance porte uniquement sur ce qui s'affiche à l'écran. Elle n'indique ni qui exploite la copie, ni si celle-ci a un lien avec le site d'origine.
Pourquoi un casino bloqué par l'ANJ est-il de nouveau accessible sous une nouvelle adresse ?
Les ordres de blocage et de déréférencement de l'ANJ visent des adresses précises auprès des fournisseurs d'accès et des moteurs de recherche. Une copie publiée à une autre adresse reste accessible tant qu'elle n'a pas été repérée et bloquée à son tour. En 2024, 910 des 1 337 URL bloquées concernaient des sites miroirs.
Un site miroir est-il autorisé si le site d'origine affichait une licence étrangère ?
Non. L'ANJ est explicite : tous les sites de casino en ligne sont illégaux en France et la licence internationale de casino en ligne n'a aucune valeur légale reconnue. La copie hérite du statut de l'original. Aucune licence étrangère, affichée sur l'original ou sur la copie, ne remplace un agrément délivré par l'ANJ.
Mon argent et mes gains sont-ils protégés sur un site miroir ?
Rien ne le garantit. Sur un site illégal, l'ANJ indique que le joueur n'a aucun recours : ni protection de la loi française, ni médiateur des jeux, ni assistance de l'Autorité. Rien n'assure non plus qu'un compte ou un solde ouvert sur l'ancienne adresse soit repris sur la copie.
Comment savoir si un site est la copie d'un site bloqué ?
La vérification la plus fiable porte sur l'opérateur. Il s'agit de chercher son nom dans la liste des opérateurs agréés publiée par l'ANJ, puis de consulter la liste noire. Une copie récente peut ne pas encore figurer sur la liste noire : son absence ne prouve donc pas que le site est autorisé.
Comment signaler un site miroir à l'ANJ ?
L'ANJ propose sur son site un formulaire de contact joueur, avec l'option « Signaler une offre de jeu illégale (casino en ligne, site non agréé...) ». Un signalement ne règle pas un litige en cours : pour cela, l'ANJ oriente vers la DGCCRF via SignalConso, sans garantie de récupérer les sommes versées.
La loi du 3 août 2026 change-t-elle quelque chose pour les sites miroirs ?
Selon les débats parlementaires, la loi n° 2026-725 du 3 août 2026 renforce les pouvoirs de blocage de l'ANJ, notamment à l'égard des réseaux privés virtuels (VPN), et facilite le blocage des flux financiers vers les opérateurs illicites. Le statut d'un site miroir, lui, ne change pas : il reste une offre illégale.
Sources
- Autorité nationale des jeux, Lutter contre l'offre illégale : définition du site miroir, procédure de blocage, chiffres 2024 (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, L'offre illégale : statut des casinos en ligne, risques, logo (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, Opérateurs agréés (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, Liste noire des sites de jeux d'argent et de hasard interdits en France et fichier associé, état au 29 septembre 2026 (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, L'ANJ publie la liste des sites ayant fait l'objet d'un ordre de blocage et de déréférencement, 15 mars 2023 (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, Promotion d'une offre de jeux d'argent illégale, 17 juillet 2026 : URL bloquées en 2025 (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, Étude sur l'offre illégale, rapport final, 15 décembre 2023 (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, foire aux questions : jouer sur un site illégal, litige avec un site illégal, site légal ou illégal (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, Formulaire de contact joueur (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, Interdiction volontaire de jeux (consulté le 29 septembre 2026)
- DGCCRF, SignalConso (consulté le 29 septembre 2026)
- Sénat, Dossier législatif de la loi n° 2026-725 du 3 août 2026 (consulté le 29 septembre 2026)
- Assemblée nationale, Compte rendu de la 1re séance du lundi 20 juillet 2026 (consulté le 29 septembre 2026)
- Joueurs Info Service, joueurs-info-service.fr (consulté le 29 septembre 2026)