100 000 euros : c'est l'amende encourue, selon l'Autorité nationale des jeux (ANJ), par quiconque fait la publicité d'un site de jeux d'argent non autorisé. Un spot avant un match, une cote partagée sur les réseaux sociaux, un code offert par un créateur de contenu : la loi sur la publicité pour les jeux d'argent ne traite pas tous ces messages de la même façon. Seuls les opérateurs autorisés, titulaires d'un agrément de l'ANJ, ainsi que la Française des jeux (FDJ) et le Pari mutuel urbain (PMU), peuvent faire de la publicité, avec un message de mise en garde obligatoire et sans viser les mineurs.

Aucun casino en ligne n'étant autorisé en France, toute publicité pour un casino en ligne visant le public français concerne une offre non autorisée. Ce texte détaille les règles qui encadrent la publicité légale, puis ce qu'une publicité ne prouve pas.

Qui peut faire de la publicité pour les jeux d'argent selon la loi ?

Le point de départ est un principe d'interdiction : selon l'ANJ, « par principe, les jeux d'argent et de hasard sont prohibés sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 320-6 du code de la sécurité intérieure » (ANJ, porteurs de projet). En ligne, ces exceptions couvrent la loterie de la FDJ et, chez les opérateurs agréés, les paris sportifs, les paris hippiques et le poker. « Les casinos en ligne et les paris sur le eSport ne sont pas autorisés en France », précise l'Autorité (FAQ de l'ANJ).

La publicité suit l'offre : ce qui ne peut pas être proposé en France ne peut pas davantage y être promu. Le détail figure dans les jeux d'argent autorisés en France, et le cadre d'ensemble dans ce que la loi française autorise et interdit en matière de casino en ligne.

Une publicité pour un casino en ligne peut pourtant afficher un logo de licence étrangère. Or une telle licence ne remplace pas l'agrément de l'ANJ : selon l'Autorité, « la licence internationale de casino en ligne n'a aucune valeur légale reconnue » (ANJ, l'offre illégale). Ce qui se vérifie, c'est le nom de l'opérateur, pas le logo.

Publicité pour un site non autorisé : un délit puni de 100 000 euros

L'ANJ emploie des termes sans ambiguïté : « La publicité, par quelque moyen que ce soit, en faveur d'un site de paris ou de jeux d'argent et de hasard non autorisé est un délit pénal. Quiconque fait la publicité d'une telle offre peut être puni d'une amende de 100 000 € » (ANJ, 17 juillet 2026). Diffuser « les cotes et rapports proposés par ces sites » est aussi visé. Une note de l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) de mars 2025 rattache ces sanctions à l'article 57 de la loi du 12 mai 2010 (note de l'OFDT). L'exploitation d'une offre illégale expose, elle, à « trois ans d'emprisonnement et 90 000 euros d'amende », selon l'ANJ.

Depuis la loi du 2 mars 2022, l'ANJ peut en outre ordonner le blocage des sites « qui offrent ou font la publicité de jeux illégaux » (ANJ, lutter contre l'offre illégale) ; 1 290 adresses ont été bloquées en 2025 (ANJ, 17 juillet 2026). La loi du 3 août 2026 ne réécrit pas les règles de publicité, mais renforce les blocages et l'interdiction des paiements : voir ce que la loi du 3 août 2026 change pour les sites non autorisés.

L'amende vise la personne qui fait la publicité, pas celle qui la voit ; ce texte ne se prononce pas sur la situation du joueur qui clique et ne constitue pas un conseil juridique. Ce qui compte, c'est l'agrément de l'opérateur ou son inscription sur la liste noire : ni un classement de type « top 10 » ni un logo de licence ne remplacent l'agrément. Une publicité réussie ne prouve rien.

Le message de mise en garde, obligatoire sur chaque publicité

Selon l'ANJ, l'article L. 320-12 du code de la sécurité intérieure (CSI) impose à chaque communication commerciale un message de mise en garde contre le jeu excessif ou pathologique et une référence au service d'information et d'assistance (ANJ, publicité pour les jeux d'argent).

Son contenu et ses modalités d'affichage sont fixés par arrêté, consultable sur Légifrance (arrêté du 4 mars 2026). Ce guide ne reproduit pas le libellé : seule la version officielle en vigueur fait foi.

Le service d'aide Joueurs Info Service, joignable au 09 74 75 13 13 (appel anonyme et non surtaxé) ; les signes d'alerte sont décrits dans repérer un jeu excessif et se faire aider. Sur une publicité de jeux d'argent, l'absence de ce message est un signal qui mérite une vérification.

Ce qu'une publicité de jeux d'argent ne peut pas montrer

Le contenu des messages est encadré par les lignes directrices de l'ANJ du 17 février 2022 (Communication 2022-C-001), applicables depuis le 1er septembre 2022 (ANJ, lignes directrices et recommandations). Une publicité d'opérateur agréé ne peut notamment pas :

  • mettre en scène un jeu compulsif ou des mises au-delà des moyens du joueur ;
  • associer le jeu à « la réussite financière, le succès sentimental ou sexuel, la gloire, le pouvoir », ni montrer des « signes extérieurs de richesse ou de produits de luxe » ;
  • exagérer les chances de gain ;
  • présenter le jeu comme une solution à des difficultés personnelles ou comme un complément de revenus.

S'y ajoutent des recommandations : au plus trois publicités de jeux d'argent par écran publicitaire à la télévision et à la radio, et « 3 communications commerciales par jour et par support » en ligne. L'Autorité distingue ses lignes directrices, qui précisent la lecture des règles existantes, de ses recommandations, qui décrivent une pratique qu'elle juge souhaitable. La nuance compte.

Mineurs et influenceurs : où la publicité est-elle interdite ?

Selon la note de l'OFDT, l'article L. 320-12 interdit la publicité pour les jeux d'argent dans les publications destinées aux mineurs, dans les programmes et services en ligne qui leur sont destinés, et au cinéma lors des séances ouvertes aux moins de 18 ans. L'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) étend l'interdiction à la demi-heure qui précède et qui suit les programmes pour la jeunesse. Les lignes directrices de l'ANJ ajoutent l'« interdiction des publicités mettant en scène un mineur » et exigent des ambassadeurs qu'ils soient « âgés de plus de 18 ans ». Sur l'âge légal, voir l'âge minimum fixé par la loi pour jouer.

Pour les créateurs de contenu, la loi du 9 juin 2023 sur l'influence commerciale pose une condition technique, que l'OFDT résume ainsi : « Les publicités en ligne en faveur des [jeux d'argent et de hasard] réalisées par les influenceurs ne sont autorisées que sur les plateformes en ligne qui offrent la possibilité technique d'exclure de l'audience tous les utilisateurs de moins de 18 ans. » L'influenceur doit activer ce mécanisme. Cette règle ne vaut que pour une offre autorisée : promouvoir un casino en ligne reste une publicité pour une offre sans agrément, quelle que soit la plateforme.

Bonus de bienvenue : 100 euros, une recommandation et non un plafond légal

Le chiffre de 100 euros circule souvent comme un « plafond » légal. Le texte de référence est pourtant une recommandation : dans sa Communication 2022-C-003 du 20 octobre 2022, l'ANJ invite les opérateurs agréés à « s'abstenir de proposer des offres commerciales de bienvenue comportant une ou plusieurs gratifications financières d'un montant global supérieur à 100€ » (ANJ, gratification financière). Aucun seuil n'est ici fixé par la loi.

La même communication demande d'indiquer, sur le même support, la durée de validité de l'offre, ses conditions, la nature et le montant de la gratification, et de ne pas en proposer aux joueurs identifiés comme à risque de jeu excessif. Pour 2026, les gratifications prévues dans les stratégies approuvées par l'ANJ représentent 466 millions d'euros (ANJ, 9 janvier 2026).

Une offre supérieure à 100 euros ne prouve donc pas qu'un site est illégal, et une offre plus modeste ne prouve pas qu'il est agréé. Le montant d'une promesse n'est pas un critère de légalité.

Qui contrôle la publicité des opérateurs agréés ?

Chaque année, l'ANJ examine la stratégie promotionnelle de chaque opérateur, en application de l'article 34 de la loi du 12 mai 2010, et peut exiger le retrait d'une communication « comportant une incitation excessive au jeu » (dossier de presse de l'ANJ). Pour 2026, toutes les stratégies ont été approuvées sous conditions, notamment celle de ne pas dépasser le budget global annoncé. En cas de manquement, l'ANJ peut prononcer un avertissement, une suspension ou des sanctions pécuniaires « jusqu'à 5 % du chiffre d'affaires » (ANJ, une autorité indépendante).

Toutes ces règles n'ont pas la même force :

RègleTexteNature
Message de mise en gardeArt. L. 320-12 CSI et arrêté ministérielObligation
Pas de publicité visant les mineursArt. L. 320-12 CSIObligation
Influenceurs : audience majeureLoi du 9 juin 2023Obligation
Contenus interdits (richesse, réussite…)ANJ 2022-C-001Ligne directrice
3 communications par jour et par supportANJ 2022-C-001Recommandation
Offres de bienvenue limitées à 100 €ANJ 2022-C-003Recommandation
Publicité pour un site non autoriséArt. 57, loi du 12 mai 2010Délit, 100 000 €

Face à une publicité : deux vérifications

Deux vérifications prennent quelques minutes. La première consiste à chercher le nom de l'opérateur dans la liste des opérateurs agréés : pour un casino en ligne, la réponse est connue d'avance, aucun n'y figure. La seconde consiste à consulter la liste noire de l'ANJ, qui recense les adresses déjà bloquées sans être exhaustive.

Une publicité pour une offre non autorisée peut être signalée à l'ANJ depuis sa page de contact joueur, en choisissant le sujet « Signaler une offre de jeu illégale », et tout contenu illicite en ligne sur PHAROS.

Si le jeu devient un problème, mieux vaut en parler que vérifier l'annonce : Joueurs Info Service répond au 09 74 75 13 13 (appel anonyme et non surtaxé), et les repères pour un jeu responsable rassemblent les outils disponibles. Le financement de ce site est expliqué sur la page comment ce site est financé. Un logo ne remplace pas une vérification.

Questions fréquentes

La publicité pour les casinos en ligne est-elle autorisée en France ?

Non. Aucun casino en ligne ne dispose d'un agrément de l'ANJ, et la publicité en faveur d'un site non autorisé est un délit pénal. Une publicité pour un casino en ligne visant le public français concerne donc toujours une offre non autorisée.

Quelle amende pour la publicité d'un site de jeux illégal ?

Selon l'ANJ, quiconque fait la publicité d'un site de paris ou de jeux d'argent non autorisé peut être puni d'une amende de 100 000 euros, y compris pour la diffusion de ses cotes. L'OFDT rattache cette sanction à l'article 57 de la loi du 12 mai 2010.

Le bonus de bienvenue est-il plafonné à 100 euros par la loi ?

Non. L'ANJ recommande aux opérateurs agréés, depuis sa Communication 2022-C-003 du 20 octobre 2022, de ne pas dépasser 100 euros de gratifications financières dans une offre de bienvenue. C'est une recommandation, et une offre plus élevée ne suffit pas à établir qu'un site est illégal.

Quel message la loi impose-t-elle sur une publicité pour les jeux d'argent ?

Un message de mise en garde contre le jeu excessif, qui renvoie à Joueurs Info Service. Son contenu et ses modalités d'affichage sont fixés par arrêté (voir l'arrêté du 4 mars 2026 sur Légifrance).

Un influenceur peut-il faire la promotion de paris sportifs ?

Seulement pour une offre autorisée et, depuis la loi du 9 juin 2023, sur des plateformes qui permettent d'exclure tous les utilisateurs de moins de 18 ans, un mécanisme que l'influenceur doit activer. Promouvoir un site non autorisé reste un délit, quelle que soit la plateforme.

Sources

Mis à jour le 30/09/2026. Les règles décrites sont celles en vigueur au 30 septembre 2026.