Sur 5 000 jeunes de 15 à 17 ans interrogés à la fin de l'été 2025, 42,6 % déclarent avoir joué à un jeu d'argent au moins une fois dans l'année, selon l'enquête ENJEU-Mineurs présentée par l'Autorité nationale des jeux (ANJ). La loi, elle, ne laisse aucune marge : en France, l'âge minimum pour les jeux d'argent est de 18 ans, pour tous les jeux, en point de vente, en ligne comme au casino.
L'émancipation n'y change rien, pas plus que la présence d'un parent. Faire respecter cette limite incombe aux opérateurs et aux vendeurs, ces derniers pouvant exiger une preuve de majorité. Entre la règle et la pratique des adolescents, l'écart passe souvent par un intermédiaire : l'adulte. Ce texte complète la présentation du cadre légal des jeux d'argent en France ; ses sources ont été consultées le 30 septembre 2026.
À partir de quel âge peut-on jouer aux jeux d'argent en France ?
À 18 ans, et à aucun moment avant. L'article L. 320-7 du code de la sécurité intérieure (CSI), tel que le reproduit l'ANJ dans un extrait de l'ordonnance du 2 octobre 2019, pose la règle en une phrase : « Les mineurs, même émancipés, ne peuvent prendre part à des jeux d'argent et de hasard dont l'offre publique est autorisée par la loi. » L'interdiction vise donc aussi les jeux dont l'offre est autorisée, ceux de la Française des jeux (FDJ) comme ceux des opérateurs agréés.
La fiche de service-public.gouv.fr consacrée aux jeux interdits aux mineurs, vérifiée le 26 novembre 2025, ferme les autres portes : « L'interdiction s'applique même si le mineur est émancipé ou accompagné d'un parent. » L'interdiction s'applique aussi, selon la même fiche, « si le mineur ne joue pas son propre argent, mais pour le compte d'une personne majeure ».
Selon l'ANJ, « plus le jeu d'argent débute tôt, plus le risque de devenir un joueur problématique augmente » (page Protéger les mineurs).
Quels jeux et quels lieux sont concernés ?
Tous les jeux d'argent, quel que soit le support : jeux en ligne, paris sportifs ou hippiques, Loto et jeux à gratter, roulette, blackjack et poker, selon l'énumération de service-public.gouv.fr. L'ANJ résume le principe en une ligne : « La loi interdit la vente de jeux d'argent aux mineurs, dans les points de vente comme en ligne. »
Le casino terrestre ajoute une règle d'accès. « L'accès aux casinos est interdit à un mineur, même s'il ne joue pas », précise service-public.gouv.fr ; selon la foire aux questions de l'ANJ, la compagnie d'un adulte n'y change rien, ni au casino ni dans un club de jeux.
Le casino en ligne est un cas à part : selon l'ANJ, « tous les sites de casino en ligne sont illégaux » en France (page L'offre illégale), quel que soit l'âge du joueur. La liste de ce que la loi permet, produit par produit, figure dans l'article consacré aux jeux d'argent autorisés en France.
Qui doit vérifier l'âge, et comment ?
La charge repose sur ceux qui proposent le jeu. Selon l'article L. 320-8 du CSI, tel que reproduit par l'ANJ, « les opérateurs de jeux d'argent et de hasard légalement autorisés sont tenus de faire obstacle à la participation de mineurs, même émancipés, aux activités de jeu ou de pari qu'ils proposent ». Le même article interdit de vendre ou d'« offrir gratuitement » à des mineurs une partie des jeux énumérés à l'article L. 320-6 du CSI.
En point de vente
Chez le buraliste comme sur un hippodrome, la personne qui commercialise le jeu « peut exiger du client qu'il établisse la preuve de sa majorité ». Une affiche rappelant l'interdiction est « apposée à la vue du public » dans les postes d'enregistrement de jeux de loterie, indique l'ANJ. Quant aux terminaux en libre-service, ils ne sont accessibles qu'aux joueurs « dont l'identité et la date de naissance ont été préalablement vérifiées aux fins de contrôle de leur majorité ».
En ligne
Sur les sites agréés, la vérification intervient dès l'ouverture du compte joueur : « une pièce d'identité ainsi qu'un RIB sont demandés à l'inscription », selon l'ANJ, pour qui « la règlementation impose aux opérateurs de jeux d'argent le contrôle systématique de l'âge » (foire aux questions). Cette vérification figure parmi les obligations des opérateurs, qui soumettent aussi chaque année à l'ANJ, comme les casinos et les clubs de jeux, un plan d'actions contre le jeu excessif et le jeu des mineurs.
Les sources consultées documentent surtout l'examen de ces plans d'actions et les contrôles en point de vente ; elles ne décrivent pas de vérification des comptes ouverts en ligne. L'Autorité demande elle-même des changements : en février 2026, sa présidente, Isabelle Falque-Pierrotin, a réclamé entre autres « la suppression du compte joueur provisoire en ligne ». Et tout ce dispositif ne vise que les opérateurs « légalement autorisés ». Face à un site illégal, le joueur ne peut pas, selon l'ANJ, « bénéficier de la protection de la loi française ».
Que risque un point de vente qui vend à un mineur ?
Une amende et, le cas échéant, la suspension ou le retrait de l'agrément. Selon la foire aux questions de l'ANJ, « le non-respect de l'interdiction de vente aux mineurs est puni d'une amende de 4ème classe d'un montant de 750 euros (article R324-2 du CSI) ». La FDJ et le Pari mutuel urbain (PMU) peuvent aussi décider de suspendre ou de retirer l'agrément du buraliste concerné.
Si vous constatez qu'un point de vente a vendu un jeu à votre enfant mineur, le signalement peut être adressé à la FDJ pour la loterie, les jeux à gratter et les paris sportifs, au PMU pour les paris hippiques, ou aux services de police et de gendarmerie. L'ANJ propose aussi un formulaire de contact.
L'interdiction ne s'arrête pas à la vente, puisque l'article L. 320-8 proscrit aussi le fait d'« offrir gratuitement » ces jeux à des mineurs. Les sources officielles consultées ne précisent pas la sanction applicable à un particulier qui offre un jeu à gratter à un enfant. Ce texte ne constitue pas un conseil juridique.
Contrôles en point de vente : ce que mesurent les chiffres
Pour ses contrôles, la FDJ recourt à des « visites-mystères réalisées par des mineurs inconnus dans les points de vente », selon une réponse du gouvernement publiée le 12 janvier 2023, qui précise que les manquements sont sanctionnés « dès le premier manquement constaté ». Des résultats chiffrés figurent dans la décision n° 2025-173 du 20 novembre 2025, par laquelle l'ANJ s'est prononcée sur le plan d'actions de la FDJ pour 2026.
Ce document fait état d'un « taux de conformité des points de vente relativement stable au premier semestre 2025 (83,26 %) », contre 55 % en 2019, et prescrit au moins 3 200 contrôles en 2026. Le texte consulté ne définit pas ce taux. L'écart avec 2019 est net, mais le chiffre ne dit pas combien de ventes à des mineurs ont eu lieu.
Le chiffre qui compte le plus pour les familles se trouve ailleurs. Selon l'enquête ENJEU-Mineurs 2025, 65,0 % des jeunes joueurs déclarent avoir accédé aux jeux en points de vente par l'intermédiaire de leurs parents ; 36,9 % jouent sur le compte en ligne de leurs parents avec leur accord, et 26,4 % ont créé un compte personnel avec une aide parentale. Un contrôle en caisse, si rigoureux soit-il, ne voit pas le ticket acheté par un adulte puis confié à un adolescent.
Combien de mineurs jouent malgré l'interdiction ?
Un peu plus de quatre sur dix parmi les 15-17 ans interrogés. L'enquête ENJEU-Mineurs, menée par l'ARPEJ avec le soutien de l'ANJ, relève que « 42,6 % des jeunes de 15 à 17 ans interrogés déclarent avoir joué au moins une fois » dans l'année, contre 34,8 % en 2021 (communiqué de l'ANJ du 18 février 2026).
D'autres résultats méritent l'attention des adultes. Sur l'ensemble des jeunes interrogés, 10,5 % déclarent des pratiques problématiques, dont 5,4 % évoquent des comportements de jeu excessif. Et 78,8 % disent avoir été exposés à des publicités, alors que, selon l'ANJ, la publicité ne doit pas cibler les mineurs ; le cadre est détaillé dans les règles de la publicité pour les jeux d'argent.
L'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) apporte un second éclairage, avec une autre méthode. Son enquête ESCAPAD 2022, menée auprès de 7 532 jeunes de 17 ans, abrège les jeux d'argent et de hasard en « JAH » : « plus d'un quart des jeunes de 17 ans a joué à un JAH au cours de l'année et 4 % y a joué de façon hebdomadaire » (communiqué de l'OFDT du 26 octobre 2023). Les deux enquêtes ne portent ni sur la même tranche d'âge ni sur la même méthode. Elles ne dessinent pas une seule courbe.
Si le jeu d'un adolescent de votre entourage vous inquiète, Joueurs Info Service répond aussi aux proches, au 09 74 75 13 13 (appel anonyme et non surtaxé) et sur joueurs-info-service.fr, qui propose une page pour parler des jeux d'argent à son adolescent. Les repères sur l'addiction aux jeux d'argent aident à situer une pratique qui s'installe.
Après 18 ans : des limites de pertes prévues pour les 18-25 ans
La majorité ne met pas fin à toute protection particulière. La loi n° 2026-725 du 3 août 2026 prévoit, à compter du 1er janvier 2027, que les joueurs de 18 à 25 ans ne pourront augmenter leurs limites de jeu qu'au terme d'une période fixée par décret (texte définitif publié par le Sénat). L'ANJ pourra aussi, pour un an au plus, limiter les pertes auxquelles les 18-25 ans peuvent s'exposer.
Le décret d'application n'apparaît pas dans les sources consultées au 30 septembre 2026, et la loi ne fixe aucun montant. Ces règles concernent les seuls opérateurs agréés, tenus de proposer des modérateurs de jeu, et non les sites illégaux.
Âge minimum pour les jeux d'argent : une règle sans exception, et le rôle des adultes
L'âge minimum pour jouer aux jeux d'argent ne connaît en France ni exception ni aménagement : 18 ans, pour tous les jeux et en tout lieu. Selon l'enquête ENJEU-Mineurs 2025, pourtant, l'accès des adolescents passe souvent par leurs parents.
Joueurs Info Service le formule simplement à l'intention des parents : « Ces jeux sont interdits aux mineurs. » Le service suggère ensuite de le rappeler à l'adolescent en lui expliquant que « ce n'est pas une sanction mais que c'est destiné à le protéger ». Pour les adultes qui jouent eux-mêmes, les repères du jeu responsable sont rassemblés sur une page dédiée.
Questions fréquentes
Un parent peut-il acheter un jeu à gratter pour son enfant ?
La loi interdit de vendre des jeux d'argent aux mineurs, mais aussi de leur en « offrir gratuitement » (article L. 320-8 du CSI). Joueurs Info Service déconseille d'offrir des jeux à gratter à un enfant, y compris en cadeau. Les sources consultées ne précisent pas la sanction encourue par un particulier.
Un mineur peut-il entrer dans un casino s'il ne joue pas ?
Non. Selon service-public.gouv.fr, « l'accès aux casinos est interdit à un mineur, même s'il ne joue pas ». L'ANJ précise que la présence d'un adulte ne change rien, et la règle vaut aussi pour les clubs de jeux. L'interdiction porte sur l'entrée elle-même.
Que faire si un buraliste vend des jeux d'argent à un mineur ?
Le signalement peut être adressé à la FDJ pour la loterie, les jeux à gratter et les paris sportifs, au PMU pour les paris hippiques, ou aux services de police et de gendarmerie. L'ANJ propose aussi un formulaire de contact. Selon l'ANJ, la vente à un mineur est punie d'une amende de 750 euros.
Le casino en ligne est-il accessible dès 18 ans en France ?
Selon l'ANJ, aucun site de casino en ligne n'est autorisé en France, quel que soit l'âge du joueur : tous relèvent de l'offre illégale, et la majorité n'y change rien. Il existe un débat sur la légalisation des casinos en ligne, mais il s'agit d'une discussion, pas du droit en vigueur.
Sources
- Autorité nationale des jeux, Extrait de l'ordonnance du 2 octobre 2019, jeu des mineurs (consulté le 30 septembre 2026)
- Service-public.gouv.fr, Jeux d'argent interdits aux mineurs, vérifié le 26 novembre 2025 (consulté le 30 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, Protéger les mineurs (consulté le 30 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, Est-ce que la vente de jeux d'argent et de hasard est autorisée aux mineurs en France ? (consulté le 30 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, L'offre illégale (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, Un opérateur de jeux d'argent me demande une copie d'une pièce d'identité (consulté le 30 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, Obligations des opérateurs (consulté le 30 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, Un buraliste a vendu un jeu d'argent à mon enfant mineur, que puis-je faire ? (consulté le 30 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, Contacter l'ANJ (consulté le 30 septembre 2026)
- Sénat, Question écrite n° 00278, réponse du gouvernement du 12 janvier 2023 (consulté le 30 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, Décision n° 2025-173 du 20 novembre 2025 (consulté le 30 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, Mineurs et jeux d'argent : des pratiques en progression, 18 février 2026 (consulté le 30 septembre 2026)
- Observatoire français des drogues et des tendances addictives, Les jeux d'argent et de hasard à 17 ans, ESCAPAD 2022, 26 octobre 2023 (consulté le 30 septembre 2026)
- Joueurs Info Service, Parler des jeux d'argent à son adolescent (consulté le 30 septembre 2026)
- Joueurs Info Service, joueurs-info-service.fr (consulté le 30 septembre 2026)
- Sénat, Texte définitif n° 162, 21 juillet 2026 (consulté le 29 septembre 2026)