Près d'une demande d'assistance sur trois adressée en 2025 à Cybermalveillance.gouv.fr par des particuliers concernait l'hameçonnage (phishing), tous sujets confondus. Le procédé consiste à se faire passer pour un tiers de confiance afin d'obtenir des données personnelles ou bancaires ; il passe par un e-mail, un SMS ou une page qui imite un site de casino ou de paris. Chaque support se signale à un service différent.
Les sections suivantes décrivent les indices d'un message ou d'une page frauduleuse, le canal adapté à chaque cas et les démarches à engager si vous avez déjà cliqué. Pour une vue d'ensemble, voir les autres pièges liés aux sites de jeux non autorisés.
L'hameçonnage appliqué aux jeux d'argent
Selon la fiche réflexe de Cybermalveillance.gouv.fr, mise à jour le 7 mai 2026, l'hameçonnage est « une technique frauduleuse destinée à leurrer l'internaute pour l'inciter à communiquer des données personnelles (comptes d'accès, mots de passe…) et/ou bancaires en se faisant passer pour un tiers de confiance ». Le message arrive par e-mail ou par SMS, ou prend la forme d'une page qui imite un site connu.
Dans le domaine des jeux d'argent, le message peut se présenter comme venant d'un site de paris, d'une banque ou d'un organisme public. Il réclame un paiement à régulariser, promet une somme à récupérer ou demande des identifiants.
Aucune des sources consultées ne chiffre la part des messages frauduleux liés aux jeux d'argent ; le chiffre cité plus haut vaut pour tous les sujets. Le même bilan relève que les recherches d'assistance associées à l'hameçonnage sont « en hausse de 71 % par rapport à 2024 ».
Comment reconnaître un message d'hameçonnage lié au casino ou aux paris ?
Un message frauduleux se reconnaît d'abord à ce qu'il demande : des informations sensibles, un clic sur un lien, un paiement. Cybermalveillance.gouv.fr formule la règle de base sans nuance : « Ne communiquez jamais d'informations sensibles par messagerie ou téléphone. » Une adresse d'expéditeur inhabituelle ou une pièce jointe que vous n'attendiez pas complètent le tableau.
Avant de cliquer, le même organisme recommande de positionner le curseur de la souris sur le lien pour faire apparaître l'adresse réelle. En cas de doute, il conseille de contacter directement l'organisme concerné ; mieux vaut le faire par un moyen que vous connaissez déjà plutôt que par les coordonnées figurant dans le message. Le ministère de l'Économie ajoute un autre indice : la demande de régler une somme due ou la promesse d'un remboursement.
Un message qui vante un casino en ligne
Pour les jeux d'argent, le contenu du message fournit un indice de plus. L'Autorité nationale des jeux (ANJ) l'écrit sur sa page consacrée à l'offre illégale : « En France, tous les sites de casino en ligne sont illégaux : la licence internationale de casino en ligne n'a aucune valeur légale reconnue. » Elle rappelle aussi que « la publicité, par quelque moyen que ce soit, en faveur d'un site de paris ou de jeux d'argent et de hasard non autorisé est un délit pénal ». Un SMS ou un e-mail qui promet un bonus de casino en ligne fait donc la promotion d'une offre que l'ANJ n'a pas autorisée. C'est un signal d'alerte en soi, hameçonnage ou non.
La mention d'une « licence internationale » ne change rien à ce constat. Une licence délivrée à l'étranger n'est pas un agrément de l'ANJ, seule autorisation reconnue en France ; la différence entre agrément ANJ et licence étrangère est expliquée sur une page dédiée.
Les messages qui vendent des « pronostics » ou une méthode pour gagner relèvent d'une autre tromperie. Pour la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), « toute allégation qui laisserait entendre qu'un produit ou un service augmenterait les chances de gagner aux jeux d'argent et de hasard est trompeuse en elle-même ». Sur onze entreprises de pronostics contrôlées, quatre étaient en infraction.
Enfin, une demande de dépôt en cryptomonnaie laisse penser que l'interlocuteur n'est pas un opérateur agréé : selon l'ANJ, « l'usage de la cryptomonnaie est interdit sur les sites des opérateurs agréés ». Un article distinct expose ce que dit la réglementation sur les casinos en crypto.
Reconnaître un faux site de paris : deux vérifications
Un faux site de paris ou un faux site de jeux d'argent se repère moins à son apparence qu'à deux contrôles que chacun peut faire seul.
- Le nom de l'opérateur dans la liste de l'ANJ. L'Autorité publie la liste des opérateurs agréés. Un site dont l'opérateur n'y figure pas n'a pas d'agrément, quel que soit le logo affiché.
- L'adresse dans la barre du navigateur. Cybermalveillance.gouv.fr recommande de la vérifier. Le plus sûr reste d'ouvrir le site par une adresse enregistrée ou saisie à la main, plutôt qu'en suivant le lien reçu.
La liste noire de l'ANJ complète ces contrôles sans les remplacer, car l'Autorité la décrit elle-même comme « non-exhaustive ». Un guide à part explique comment vérifier un site sur la liste de l'ANJ avant de s'inscrire.
Le logo « opérateur agréé » ne prouve rien à lui seul. Affiché sur un site absent de la liste, il devient un signal d'alerte : l'ANJ y voit « une utilisation frauduleuse de celui-ci, uniquement faite dans le but de tromper le joueur ». La foire aux questions de l'ANJ donne un autre repère sans ambiguïté : « Lorsque le site propose des paris sur le eSport vous êtes certain d'être sur un site illégal. »
Une demande de pièce d'identité n'est pas suspecte en soi
Selon l'ANJ, les opérateurs agréés sont en droit de demander la copie d'une pièce d'identité, d'un passeport, d'un permis de conduire ou d'un titre de séjour, et vérifient l'âge du joueur à l'ouverture du compte. L'Autorité ajoute : « Si un site ne vérifie pas votre identité, cela signifie que vous n'êtes pas sur un site légal. » La demande de document n'est donc pas le problème.
La question utile porte sur le canal. Un justificatif envoyé depuis un compte joueur, sur un site dont vous avez vous-même saisi l'adresse, ne présente pas les mêmes risques que ce document transmis en réponse à un lien reçu par SMS ou par e-mail : dans ce second cas, il peut servir à une usurpation d'identité.
Signaler : quel canal pour quelle situation ?
Pour signaler un site frauduleux ou un message, le bon interlocuteur dépend de ce que vous avez sous les yeux : un SMS, un e-mail, une page web ou une offre de jeu sans agrément. Chaque support relève d'un service différent, et le tableau ci-dessous les met en regard.
| Situation | Canal | À savoir |
|---|---|---|
| SMS frauduleux | Transfert au 33700 | Service gratuit |
| E-mail frauduleux | Signal Spam | Recommandé par Cybermalveillance |
| Page d'hameçonnage | Phishing Initiative | Adresse transmise pour blocage |
| Jeux d'argent sans agrément | Formulaire de l'ANJ | Casino ou site non agréé |
| Contenu illicite en ligne | PHAROS | internet-signalement.gouv.fr |
| Litige avec un site illégal | SignalConso (DGCCRF) | Hors compétence de l'ANJ |
| Doute, besoin de conseil | Info Escroqueries | 0 805 805 817, appel gratuit |
| Victime, besoin d'orientation | 17Cyber | Diagnostic en ligne |
Pour signaler un SMS frauduleux, il suffit de le transférer au 33700, la plateforme des opérateurs de téléphonie mobile contre les SMS et appels indésirables. Les e-mails vont à Signal Spam, les pages d'hameçonnage à Phishing Initiative, qui indique transmettre l'adresse vérifiée à des partenaires afin de la bloquer dans les navigateurs participants. Ces trois canaux sont ceux que recommande Cybermalveillance.gouv.fr.
L'ANJ traite l'offre de jeu sans agrément, pas le message qui la promeut. Son formulaire de contact joueur propose l'option « Signaler une offre de jeu illégale (casino en ligne, site non agréé...) » ; aucune des options proposées ne vise spécifiquement l'hameçonnage. Pour un litige avec un site illégal, l'Autorité est claire : « L'ANJ et le médiateur des jeux ne sont pas compétents au sujet d'un litige avec un opérateur illégal. » Elle oriente vers la DGCCRF, via la plateforme SignalConso.
PHAROS permet de « signaler un contenu ou comportement en ligne illicite ». Info Escroqueries répond au 0 805 805 817, un numéro vert gratuit depuis la France. Un signalement reste distinct d'une plainte, que service-public.gouv.fr définit comme « l'acte par lequel la victime d'une fraude en informe l'autorité judiciaire ». Signaler ne garantit ni le blocage d'un site ni la récupération d'une somme.
Si vous avez cliqué ou communiqué vos données
Si des données bancaires ont été saisies, la banque passe en premier, car certaines démarches sont soumises à des délais. Les étapes suivent les recommandations de Cybermalveillance.gouv.fr.
- Contacter la banque et faire opposition. « Faites opposition immédiatement », insiste Cybermalveillance.gouv.fr. Selon service-public.gouv.fr, l'opposition se fait auprès de votre banque ou par le serveur interbancaire au 0 892 705 705 (service payant).
- Changer les mots de passe et activer la double authentification. Un mot de passe différent et complexe pour chaque site et application limite les dégâts ; vérifier la date et l'heure de dernière connexion permet de repérer un accès inhabituel.
- Conserver les preuves. Message reçu, adresse du site, captures d'écran, relevés bancaires. Ces éléments serviront à la contestation auprès de la banque et à la plainte.
- Signaler le message ou le site. Le canal dépend du support (voir le tableau). En cas d'utilisation frauduleuse de la carte, la plateforme Perceval permet un signalement en ligne destiné à « informer les services d'enquête de l'existence de la fraude ».
- Déposer plainte ou se faire orienter via 17Cyber. La plainte se dépose auprès de la police ou de la gendarmerie. 17Cyber (17cyber.gouv.fr), « un outil de diagnostic en ligne » selon service-public.gouv.fr, oriente selon la situation et permet d'échanger par chat avec un policier ou un gendarme.
Le remboursement n'est pas garanti dans tous les cas. Pour un paiement frauduleux, c'est-à-dire non autorisé par le titulaire de la carte, service-public.gouv.fr indique que la banque rembourse « immédiatement et au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant la réception de la contestation », et précise qu'« un paiement frauduleux ne peut pas être remboursé s'il date de plus de 13 mois ». La même page ne traite pas du cas, typique de l'hameçonnage, où le titulaire a lui-même communiqué ses données ou un code. La banque examine alors la situation.
Un article distinct traite des questions d'opposition, contestation et délais après un paiement vers un site de jeux. Ce texte ne constitue pas un conseil juridique.
Le canal compte plus que le message
Un message d'hameçonnage casino ou un faux site de paris s'appuie sur un nom connu ; la réponse la plus sûre ne dépend donc pas de ce que le message ou le site affiche : ne rien transmettre par message, ouvrir soi-même le site d'un opérateur après avoir vérifié qu'il figure sur la liste de l'ANJ, puis signaler le support au service compétent. Sur l'offre illégale, rappelle enfin l'ANJ, « il n'y a pas d'encadrement des mises ».
Lorsque le jeu lui-même devient une source d'inquiétude, indépendamment de toute escroquerie, Joueurs Info Service peut être joint au 09 74 75 13 13 (appel anonyme et non surtaxé).
Questions fréquentes
J'ai reçu un SMS qui me propose un bonus de casino : est-ce une arnaque ?
Un message qui vante un casino en ligne promeut une offre que l'ANJ n'a pas autorisée : selon l'Autorité, tous les sites de casino en ligne sont illégaux en France, et la publicité en faveur d'un site non autorisé est un délit pénal. Un message précis ne peut pas être qualifié à distance ; il est prudent de ne pas cliquer, de ne pas répondre et de le transférer au 33700, un service gratuit.
Un site de paris peut-il me demander une copie de ma pièce d'identité ?
Oui, un opérateur agréé en a le droit, et l'ANJ précise qu'un site qui ne vérifie pas l'identité n'est pas un site légal. La prudence porte sur le canal : un document envoyé depuis un compte ouvert sur un site dont vous avez saisi l'adresse ne présente pas les mêmes risques qu'un document transmis en réponse à un lien reçu par message.
Où signaler un hameçonnage casino ou un site de jeux frauduleux ?
Tout dépend de ce que fait le message ou le site. S'il propose des jeux d'argent sans agrément, le formulaire de contact joueur de l'ANJ comporte l'option « Signaler une offre de jeu illégale ». S'il imite une page connue pour obtenir des données, le signalement se fait auprès de Phishing Initiative, un canal recommandé par Cybermalveillance.gouv.fr.
J'ai donné mes coordonnées bancaires sur un faux site : serai-je remboursé ?
Aucune réponse générale n'est possible, et la première démarche reste de faire opposition sans attendre. Pour un paiement non autorisé, la banque doit rembourser rapidement, à condition que ce paiement date de moins de 13 mois. Lorsque le titulaire a lui-même communiqué ses données ou un code, service-public.gouv.fr ne décrit pas la règle applicable : la banque examine la situation.
L'ANJ peut-elle m'aider après un hameçonnage ?
Le formulaire de l'ANJ sert à signaler une offre de jeu sans agrément, par exemple un casino en ligne ou un site de paris non agréé. Pour le message ou la page d'hameçonnage, Cybermalveillance.gouv.fr et 17Cyber orientent les victimes. En cas de litige avec un site illégal, l'ANJ renvoie vers la DGCCRF, via SignalConso.
Sources
- Cybermalveillance.gouv.fr, Hameçonnage (phishing), fiche réflexe, mise à jour le 7 mai 2026 : définition, prévention, démarches, canaux de signalement (consulté le 30 septembre 2026)
- Cybermalveillance.gouv.fr, Principales cybermalveillances des particuliers en 2025, 22 avril 2026 (consulté le 30 septembre 2026)
- Ministère de l'Économie, Comment se prémunir contre l'hameçonnage ?, 12 septembre 2025 (consulté le 30 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, L'offre illégale : statut des casinos en ligne, logo, encadrement des mises (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, Opérateurs agréés (consulté le 30 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, foire aux questions : copie d'une pièce d'identité, site légal ou illégal, litige avec un site illégal (consulté le 30 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, Promotion d'une offre de jeux d'argent illégale, 17 juillet 2026 (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, communiqué du 26 juillet 2021 sur les sites de casino en cryptomonnaie (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, Formulaire de contact joueur (consulté le 30 septembre 2026)
- DGCCRF, Des faux bons tuyaux sur les jeux d'argent, 2 novembre 2023 (consulté le 30 septembre 2026)
- DGCCRF, SignalConso (consulté le 29 septembre 2026)
- Service-public.gouv.fr, Fraude à la carte bancaire, vérifié le 13 février 2026 : opposition, Perceval, plainte, remboursement (consulté le 30 septembre 2026)
- Service-public.gouv.fr, Cybermalveillance : 17Cyber, 29 janvier 2025 (consulté le 30 septembre 2026)
- Service-public.gouv.fr, PHAROS (consulté le 30 septembre 2026)
- L'Annuaire de l'administration, Info Escroqueries (consulté le 30 septembre 2026)
- Joueurs Info Service, joueurs-info-service.fr (consulté le 29 septembre 2026)