En 2023, 14 % des joueurs de l'offre illégale interrogés pour l'Autorité nationale des jeux (ANJ) déclaraient alimenter leur compte en cryptomonnaies, contre 69 % par carte bancaire. Côté gains, 47 % disaient en recevoir sous cette forme.
Un casino crypto est-il légal en France pour autant ? Non. Selon l'ANJ, aucun site de casino en ligne n'y est autorisé, quel que soit le moyen de paiement, et les cryptomonnaies sont interdites jusque chez les opérateurs agréés pour les paris et le poker. Un site qui accepte des dépôts en cryptomonnaies indique donc lui-même qu'il n'est pas agréé.
Un casino crypto peut-il être légal en France ?
Non, et la réponse ne dépend pas du moyen de paiement. Selon la page de l'ANJ consacrée à l'offre illégale, « tous les sites de casino en ligne sont illégaux : la licence internationale de casino en ligne n'a aucune valeur légale reconnue ».
« Les casinos en ligne et les paris sur le eSport ne sont pas autorisés en France », confirme la foire aux questions de l'Autorité. L'agrément de l'ANJ couvre en ligne les paris sportifs, les paris hippiques et le poker ; une licence étrangère n'en tient pas lieu. Le périmètre exact figure dans ce que la loi française autorise en matière de jeux en ligne, et la distinction entre les deux notions dans la différence entre agrément ANJ et licence étrangère.
Les cryptomonnaies, interdites même chez les opérateurs agréés
Le second interdit vise les cryptomonnaies elles-mêmes. Dans un communiqué du 26 juillet 2021, l'ANJ rappelle que « l'usage de la cryptomonnaie est interdit sur les sites des opérateurs agréés qui sont tenus de lutter contre la fraude, le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme ».
Le fondement de cette règle figure dans l'analyse sectorielle des risques de blanchiment, publiée le 29 mars 2023. Selon l'ANJ, la loi du 12 mai 2010 limite les dépôts sur un compte joueur à un nombre restreint d'instruments de paiement définis par le code monétaire et financier, dont les cryptomonnaies sont exclues « à ce jour ». L'euro y est présenté comme « la seule monnaie ayant cours légal à être autorisée pour jouer », mises et gains en cryptomonnaie étant « en principe » interdits.
Quant aux crypto-actifs eux-mêmes, le site ABE Infoservice de la Banque de France, de l'ACPR et de l'AMF rappelle qu'« ils ne constituent aucunement une monnaie légale ».
Que montrent les chiffres de l'ANJ ?
La source de référence reste l'étude sur l'offre illégale publiée par l'ANJ le 15 décembre 2023. Selon ce rapport, « 32,6 % des joueurs en ligne ont déclaré avoir consommé une offre illégale au moins une fois par mois en 2023 », soit environ 3 millions de joueurs. L'enquête, menée en ligne auprès de 11 701 personnes de 18 à 80 ans, est déclarative : elle décrit ce que les joueurs disent faire, non des flux mesurés.
Pour déposer, la carte bancaire devance largement les cryptomonnaies
Plusieurs réponses étaient possibles : les pourcentages ne s'additionnent pas et désignent une part de joueurs, non une part des sommes déposées. Les joueurs de sites illégaux de paris sportifs, de poker et de paris hippiques ne sont pas pris en compte.
| Moyen d'alimentation du compte | Part des joueurs (2023) |
|---|---|
| Carte bancaire | 69 % |
| Portefeuille électronique | 30 % |
| Virement | 29 % |
| Cryptomonnaies | 14 % |
| Carte prépayée | 12 % |
| Objets virtuels | 6 % |
| NFT | 5 % |
Les cryptomonnaies n'arrivent qu'au quatrième rang. L'étude les juge, avec les NFT, « très peu plébiscités ». Les risques d'un site illégal ne concernent donc pas les seuls joueurs qui paient en cryptomonnaies.
Pour les gains, les cryptomonnaies reviennent plus souvent
Les gains en euros dominent largement (91 %), mais 47 % déclarent recevoir des gains en cryptomonnaies, 42 % sous forme de loot box et 37 % en NFT. Près d'un joueur sur deux dit ainsi recevoir des gains en cryptomonnaies, alors qu'environ un sur sept seulement en dépose. L'étude n'explique pas cet écart.
Pourquoi l'ANJ écarte-t-elle les cryptomonnaies du marché légal ?
Parce qu'elles compliquent la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT). Dans son analyse de 2023, l'ANJ juge que les nouveaux usages des cryptomonnaies et des NFT « soulèvent de nombreuses interrogations, sinon de très fortes inquiétudes », puis conclut : « En l'état, l'utilisation de ces actifs numériques est interdite par le droit français des jeux d'argent et de hasard. »
Le même document reprend, d'après Tracfin, les fragilités en cause : absence quasi totale de frais, manque de régulation dans certains États, rapidité des opérations, « pseudonymisation » des portefeuilles et absence de frontières sur internet.
Ce qu'un opérateur agréé doit vérifier
Un opérateur agréé doit, d'après les obligations publiées par l'ANJ, vérifier l'identité, l'âge et l'adresse du joueur, ainsi que le compte de paiement sur lequel ses avoirs lui sont reversés. Sur un site illégal, selon l'ANJ, « il n'y a pas d'encadrement des mises » et les logiciels ne font l'objet d'« aucune homologation ». Le paiement en cryptomonnaies ne crée pas ces lacunes. Il s'y ajoute.
JONUM : un cadre expérimental où des crypto-actifs entrent dans le jeu
Un cadre distinct existe, mais il ne concerne pas les casinos. Les articles 40 et 41 de la loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 visant à sécuriser et réguler l'espace numérique (SREN) ont ouvert l'expérimentation d'un cadre pour les jeux à objets numériques monétisables (JONUM), et le décret n° 2026-60 du 4 février 2026 est entré en vigueur le 7 février 2026, selon la page que l'ANJ consacre à ce régime. Un JONUM associe mise financière, hasard et obtention d'objets numériques monétisables, NFT ou jetons utilitaires.
Deux limites le séparent d'un casino en cryptomonnaies. D'abord, « le joueur ne peut en aucun cas obtenir des gains en monnaie ayant cours légal (euro) » dans ce cadre. Ensuite, les catégories admises (action et combat, élevage, fantaisie sportive ou hippique, aventures ou quêtes, gestion ou construction, courses) ne comprennent pas les jeux de casino, et l'ANJ précise qu'une offre qui ne remplit pas ces critères « ne peut pas être proposée en France ».
L'expérimentation, réservée aux personnes majeures, dure trois ans. Dans son rapport annuel 2024, l'Autorité estime que ce secteur présente, « aux termes d'une première analyse, un risque théorique élevé » en matière de blanchiment.
Sur un site non agréé, quelles protections pour le joueur ?
Aucune de celles que prévoit le droit français, que le dépôt se fasse en euros ou en cryptomonnaies. La foire aux questions de l'ANJ l'énonce ainsi : « En cas de litige, vous n'avez aucun recours. Vous ne pouvez donc pas bénéficier de la protection de la loi française, du recours au médiateur des jeux et de l'assistance de l'ANJ. »
Pour un litige avec un site illégal, l'Autorité oriente vers la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) et son service SignalConso, sans que ce signalement garantisse le retour des sommes versées.
Les risques restent ceux de toute l'offre illégale : « les gains sont rarement payés » et « le vol de données personnelles est fréquent ». À propos des sites qui proposaient de miser en cryptomonnaie, l'Autorité ajoutait en 2021 qu'« il n'existe par ailleurs aucun recours en cas de non-paiement des gains ». S'y ajoute une incertitude propre : selon la Banque de France et ses partenaires d'ABE Infoservice, la valeur de la plupart de ces actifs peut varier très fortement. Les faux sites et messages frauduleux sont traités à part : reconnaître et signaler un faux site de paris ou un message d'hameçonnage. Ce texte ne constitue pas un conseil juridique.
Loi du 3 août 2026 : le blocage des flux financiers facilité
La loi n° 2026-725 du 3 août 2026 vise aussi l'argent de l'offre illégale. Devant l'Assemblée nationale, l'objectif était résumé ainsi : « Le blocage des flux financiers vers les opérateurs illicites sera facilité ». D'après le texte définitif adopté le 21 juillet 2026, la décision d'interdire ces flux revient désormais au président de l'ANJ, et non plus au ministre chargé du budget sur proposition de l'Autorité ; elle est notifiée aux prestataires de services de paiement établis en France. Voir aussi ce qui se passe lorsqu'un paiement vers un site de jeux illégal est bloqué.
Si le jeu pose problème, à qui s'adresser ?
Lors de sa campagne d'information d'octobre 2024, l'ANJ a indiqué que 79 % du chiffre d'affaires de l'offre illégale « serait généré par des joueurs ayant une pratique problématique ». Lorsque les montants engagés ou le temps passé à jouer deviennent une source d'inquiétude, Joueurs Info Service répond au 09 74 75 13 13 (appel anonyme et non surtaxé) et propose une aide sur son site internet.
Avant tout dépôt, deux vérifications et un signal
Deux vérifications suffisent à situer un site. La première consiste à chercher le nom de l'opérateur dans la liste des opérateurs agréés publiée par l'ANJ. La seconde consiste à consulter la liste noire des sites de jeux d'argent et de hasard interdits en France, que l'Autorité présente comme « non-exhaustive » : l'absence d'un site sur cette liste ne signifie pas qu'il est autorisé.
À ces deux listes s'ajoute un signal propre aux cryptomonnaies. Un site qui propose des dépôts ou des gains en cryptomonnaies indique lui-même qu'il n'est pas agréé ; l'ANJ cite un signal comparable pour l'eSport dans sa foire aux questions : « Lorsque le site propose des paris sur le eSport vous êtes certain d'être sur un site illégal. » Vérifier qu'un opérateur figure sur la liste des opérateurs agréés ne prend que quelques minutes ; le faire avant le premier dépôt évite de découvrir après coup qu'aucun recours n'existe.
Chercher un casino crypto légal en France revient donc à chercher ce que le droit n'autorise pas. Les autres signaux d'alerte figurent dans reconnaître les pièges des sites de jeux non autorisés.
Questions fréquentes
Un casino en ligne qui accepte le bitcoin est-il légal en France ?
Non. Selon l'ANJ, tous les sites de casino en ligne sont illégaux en France, quel que soit le moyen de paiement. Les cryptomonnaies sont en outre interdites chez les opérateurs agréés, si bien qu'un site proposant des dépôts en cryptomonnaies indique lui-même qu'il n'est pas agréé.
Pourquoi les opérateurs agréés par l'ANJ n'acceptent-ils pas les cryptomonnaies ?
Parce que la réglementation les exclut. Selon l'ANJ, la loi du 12 mai 2010 limite les dépôts à des instruments de paiement dont les cryptomonnaies sont exclues, et l'euro est la seule monnaie autorisée pour jouer. L'Autorité invoque la lutte contre la fraude et le blanchiment.
Combien de joueurs utilisent les cryptomonnaies sur les sites illégaux ?
Selon l'étude publiée par l'ANJ en décembre 2023, 14 % des joueurs de l'offre illégale interrogés déposaient en cryptomonnaies et 47 % déclaraient recevoir des gains sous cette forme. Ces parts excluent les joueurs de paris sportifs, de poker et de paris hippiques illégaux, et plusieurs réponses étaient possibles.
Les JONUM sont-ils des casinos en crypto autorisés ?
Non. Les jeux à objets numériques monétisables font l'objet d'une expérimentation de trois ans, sans aucun gain possible en euros. La liste des catégories admises ne comprend pas les jeux de casino, et une offre hors de ces critères ne peut pas être proposée en France.
Que faire en cas de litige avec un casino en cryptomonnaies ?
L'ANJ et le médiateur des jeux ne sont pas compétents pour un litige avec un site illégal. L'Autorité oriente vers la DGCCRF et son service SignalConso, sans que ce signalement garantisse le retour des sommes.
Sources
- Autorité nationale des jeux, « L'offre illégale » (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, foire aux questions sur les jeux d'argent autorisés en France (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, communiqué sur le blocage de sites proposant de miser en cryptomonnaie, 26 juillet 2021 (consulté le 30 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, analyse sectorielle des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, 29 mars 2023 (consulté le 30 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, étude sur l'offre illégale, rapport final, 15 décembre 2023 (consulté le 30 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, « Obligations des opérateurs » (consulté le 30 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, « Jeux à objets numériques monétisables (JONUM) » (consulté le 30 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, rapport annuel 2024 (consulté le 30 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, foire aux questions sur le jeu sur un site illégal (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, foire aux questions sur les litiges avec un site illégal (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, foire aux questions sur la distinction entre site légal et site illégal (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, liste des opérateurs agréés (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, liste noire des sites de jeux d'argent et de hasard interdits en France (consulté le 29 septembre 2026)
- Autorité nationale des jeux, campagne d'information sur les casinos en ligne, 7 octobre 2024 (consulté le 29 septembre 2026)
- ABE Infoservice (Banque de France, ACPR, AMF), « Les crypto-actifs utilisés à des fins de paiement : que faut-il savoir ? » (consulté le 30 septembre 2026)
- Assemblée nationale, compte rendu de la première séance du 20 juillet 2026 (consulté le 29 septembre 2026)
- Sénat, texte n° 162 (2025-2026) adopté définitivement le 21 juillet 2026 (consulté le 30 septembre 2026)
- Joueurs Info Service (consulté le 29 septembre 2026)